Fiches techniques

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    UNE  BIODIVERSITé  "UTILE" 

Synthèse de l’article de la revue « Science » du 3 novembre 2006 sur les «Effets de la diminution de la biodiversité sur les « services écosystèmiques » marins »

Une recherche pour clarifier le rôle de la biodiversité dans le maintien des "services écosystémiques" 
Ce travail, réalisé par 14 chercheurs nord -américains et européens, s’appuie sur l’analyse statistique d’un grand nombre de données existantes. Elles sont issues d’expérimentations locales, de suivis sur les 50 dernières années de la production halieutique (données FAO) et de résultats de gestion dans des aires marines protégées.
A partir de constats scientifiques à l’échelon local- sur des écosystèmes tels que les estuaires, les récifs coralliens- et à l’échelon des populations halieutiques côtières et océaniques, il s’agissait de définir de manière plus globale les effets de la diminution de la biodiversité sur les "services rendus" à l’homme par le milieu marin.
En effet, si peu d’espèces marines sont actuellement considérées comme complètement disparues, nombre d’entre elles ont vu leurs populations tellement réduites qu’elles ne sont plus exploitables et risquent de disparaître à leur tour. 

 Des " services rendus" par le milieu marin.
Les écosystèmes marins produisent des ressources  alimentaires pour des millions d’habitants. Mais en assurant la stabilité du milieu marin, ils apportent aussi un certain nombre de services, indispensables pour une population humaine en croissance : ils ont, par exemple, une fonction épuratrice, et jouent un rôle de nurseries pour de multiples espèces. Compte tenu de la concentration des habitants sur le littoral, la perte des "services apportés par les écosystèmes marins" aurait des conséquences désastreuses en matière de contrôle des flux et d’épuration, comme en matière de pêche. Elle peut se traduire par des différents inconvénients ou risques tels que l’interdiction de récolter les coquillages, la fermeture de plages, les blooms de phytoplanctons toxiques….

 Biodiversité, productivité et stabilité des écosystèmes marins sont étroitement liées
La recherche conclut à l’existence de corrélations entre la biodiversité et les "services écosystémiques". La diminution du nombre d’espèces est associée à une dégradation des fonctions assurées par les écosystèmes et augmente les risques pour les habitants du littoral.
La biodiversité intervient sur la stabilité des écosystèmes ; ces derniers résistent mieux aux perturbations venues de l’extérieur quand la diversité est plus importante.
Ainsi, dans les grands écosystèmes marins océaniques analysés, la biodiversité semble favoriser une meilleure résistance des populations halieutiques à la surexploitation.

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    D’autre part, dans les réserves marines et les cantonnements étudiés, il est constaté une augmentation de 23% de la richesse spécifique, associée à une augmentation de la productivité, en particulier autour des réserves. Les écosystèmes sont alors moins sensibles aux variations et les revenus liés au tourisme s’ajoutent aux bénéfices halieutiques. 
Les résultats observés dans ces aires marines protégées suggèrent qu’il est possible de reconquérir une partie de la biodiversité perdue.
    
 Des conséquences à court terme pour la pêche
Le travail conclut à une accélération de la perte de biodiversité quand on passe à l’échelle du globe. Selon le modèle statistique, elle pourrait se traduire par une disparition des espèces commerciales d’ici l’année 2048, si rien n’était fait. Cette perte de ressource halieutique pourrait remettre en cause les équilibres économiques locaux et compromettre l’aptitude des populations locales à s’adapter à des modifications importantes de l’environnement marin.

Des arguments pour une meilleure gestion du milieu marin 
Trois points forts sont mis en avant par cette étude :
- conservation de la biodiversité et développement économique à long terme sont indissociables ; ils doivent être traités comme des enjeux interdépendants ;
- des niveaux élevés de biodiversité ne sont pas inutiles puisqu’il se traduisent parallèlement par une amélioration des services écosystémiques ;
- l’impact de la biodiversité sur la résistance des écosystèmes et leur aptitude à se reconstituer doit être pris en compte dans l’évaluation de la valeur économique de ces écosystèmes.
"Restaurer la biodiversité marine par une gestion durable des ressources, une maîtrise des pollutions, une protection des habitats essentiels ou la création d’aires marines protégées revient à investir dans la productivité halieutique et la disponibilité des biens que l’océan fournit à l’humanité".

Des conclusionsà replacer dans le contexte de l’Iroise…
Au-delà des polémiques suscitées par la publication de ces chiffres, et en attendant que les scientifiques français en tirent leur propre analyse, ce travail de synthèse a le mérite d’apporter des arguments supplémentaires en faveur de la préservation de la biodiversité marine. 
Mais la restauration de cette biodiversité marine n’est pas la seule "voie". Associée aux démarches déjà engagées en matière de gestion des ressources halieutiques par les professionnels et de maîtrise des pollutions, elle contribuera à une gestion durable des écosystèmes marins.
Trois approches complémentaires que l’on retrouve dans les orientations proposées pour l’Iroise. 

mise à jour : octobre 2007
                        
 
 
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