La zostère marine est aussi appelée herbe de mer, c’est une plante à fleur aquatique qui se trouve sur les fonds marins sableux. Cette plante a failli disparaître de l’océan atlantique dans les années 30 à cause d’une maladie et accuse maintenant une très nette diminution de population.
Les herbiers de zostères ont pourtant un rôle écologique très important :
- ils sont un abri pour de nombreux organismes marins (poissons, coquillages, crabes...), et aussi un lieu de reproduction ou d’alimentation,
- ils ont un rôle dans l’oxygénation de l’eau, ce qui peut être très important dans les zones très abritées ou un manque d’oxygène (anoxie) peut survenir en profondeur.
Devant l’importance de ces herbiers de zostères le Parc naturel marin a pris la décision de faire un relevé de tous les herbiers dans la zone du parc , d’en établir une cartographie et de définir leur état de conservation.
Le 12 mars, profitant d’une fenêtre météorologique favorable, Florent et Thérèse ont accompagné, en bateau, Morgane, spécialiste de l’I.U.E.M, afin d’aller sur les différents herbiers de la baie de Douarnenez, en presqu’île de Crozon, pour effectuer le relevé des différents points.
Pour réaliser ce travail ils ont utilisé un matériel particulier :
une lunette de calfat qui permet de voir dans l’eau
une caméra sous-marine couplée à un ordinateur et un GPS
Le travail est long et minutieux, il faut avancer tout doucement, régulièrement afin que la caméra puisse filmer sur tout le fond afin de délimiter entièrement l’herbier. La position de chaque point est relevée grâce à un G.P.S et tous ces points une fois reporter sur une carte permettront de dessiner l’emplacement des herbiers de zostères.
Différentes menaces pèsent sur cette espèce :
- la maladie : en 1930 une maladie, la "wasting disease" a failli faire disparaître les zostères,
- l’homme : par l’arrachement dû aux ancres des bateaux, par les travaux portuaires ou toute activité impliquant l’extraction de sédiments marins, par certaines méthodes de pêche, par l’installation de zones conchylicoles (huîtres, moules...)
Devant les menaces pesant sur cette espèce il a été nécessaire de prendre des mesures de protection, notamment en interdisant la cueillette, le ramassage, la coupe et le déracinage (convention de Berne et convention de Barcelone).
Herbier de zostères à sec
Pour la petite histoire, les feuilles séchées étaient autrefois utilisées pour rembourrer le matelas et paillasses, et parfois aussi pour recouvrir les toitures, en particulier au Danemark. Certains amérindiens utilisaient cette plante comme source de nourriture, ils mangeaient le rhizome (le pied) cru et en nourrissaient aussi les animaux.